Pour écrire à Scribouille :





Il doit être environ minuit, je ne sais pas. Assise dans mon lit, je lis encore et encore la 10 ème lettre de refus, reçue ce matin de la part de Gallimard : le texte est très bon, j'ai de grandes qualités, etc...  Mais ils ne me publieront pas.

Que reprochent-ils à ma nouvelle ?

Tous, la même chose : on croirait une histoire écrite par un auteur célèbre, dont je n'ai pas retenu le nom. Ils disent que mon style est semblable, et refusent de croire qu'une gamine de 14 ans l'a écrit. Mais c'est la vérité. Ce texte est mon oeuvre. Mais -je l'avoue-, j'ai été aidée.

J'ai écrit cette histoire un mardi soir, tout comme je suis en train d'écrire celle-ci. Je n'avais pas de grandes idées, alors je suis sortie faire un tour. Je me suis glissée hors de l'internat (en prenant garde que personne ne m'entendes ou ne m'aperçoive), et j'ai marché dans les rues.

De nuit, la ville n'est plus la même, les ombres se font menaçantes. Le vent agitait les branches des arbres du parc voisin, et les feuilles crissaient sous mes pas. De temps à autre, j'apercevais une silhouette sombre passer furtivement au coin de la rue, ou un groupe d'amis totalement soûls traverser la rue, en chantant.

Je me suis mise à réfléchir à la suite de ma nouvelle, quand je suis passée devant ma boutique préférée, Fantastic's. J'y passe mes mercredis après-midi à lire ou à regarder les vieux manuscrits aux magnifiques illustrations, seule. Je ne suis pas très sociable, mais le propriétaire de la boutique m'a prise en amitié, et je travaille avec lui de temps en temps.

Je laissais mes pensées errer comme cela, quand un vieux bonhomme me rentra dedans. Il me bredouilla vaguement pardon, puis s'en alla. Mais, dans sa précipitation, il avait laissé tombé un cahier tout aussi vieux que lui (ce qui n'est pas peut dire). Je l'ai ramassé, mais, quand je me suis retournée, il avait disparu. A ce moment, les cloches de la cathédrale St Marie sonnèrent minuit. Je ne sais pourquoi, mais un frisson me parcouru l'échine. Je me mis à courir et rentrais en un coup de vent au lycée. Quatre marches, et j'étais dans le dortoir. Cinq minutes plus tard je dormais profondément.

Le lendemain, j'ai pensé à cette histoire toue la matinée. Mais je ne voulais pas ouvrir le cahier sous l'œil des professeurs ou des autres élèves. J'ai attendu midi, et je suis sorti, direction le Fantastic's.

Assise dans mon coin préféré de la boutique, j'ai ouvert le cahier. Le propriétaire -Alexandre- savait que quand je m'asseyais à cet endroit, il valait mieux ne pas me déranger. Il m'a donc laissé.

Je n'en croyais pas mes yeux : le cahier contenait des plans de romans, des descriptions détaillés de personnages, futurs héros de livres dont l'histoire se résumait à une feuille.

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Le Commencement