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Le soliste |
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Le fantôme soliste commence son show. Il entre dans la chambre bleue, Fume quelques mégots charbonneux Et boit. Le fantôme soliste se couche haut, Il vole jusqu'à son lit Aidé par la sagacité d'un double whisky. La volupté du souvenir encore chaud De sa muse spectrale le ragaillardit soudain. Il redescend, enfile son manteau De drap blanc et de chaînes d'étain Et flotte vers la ville. Là-bas, il s'égare dans les bas-fonds D'un rade glauque aux conversations Subtiles et enivrantes. Vissé à son verre ventouse, Il en attendra sûrement dix ou douze, Pour que sa douleur transparente Ne rende visible ses amours revenues. Je reviendrais toujours ici, a-t-il dit. Un jour, de Goma à Kigali, Il a rencontré trois princes en fuite Qu'il a âprement dépouillé de leurs rites Avec une maladresse toute coloniale. Devenant lui-même tribal, Le regard fier, le reflet pâle, Il en réfère aux anciens, Nu, des tatouages sur les reins. Noyé dans la routine De ses épaisses fumées opalines, Il se languit toujours de sa vie passée : Une métisse à ses côtés. Stéphane |
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