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Pour écrire à Scribouille : |

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La nuit dernière, c'est la nuit dernière que ça c'est passé et j'ai l'impression que des années entières se sont écoulées depuis. Comment une vie, qu'on met des années à construire, peut elle s'écrouler si rapidement ? Une mauvaise parole, un mauvais geste, un meurtre. C'était si simple ! ! ! Il s'agit de mon patron, ce gros lard de patron. De tous les patrons que j'ai eu, celui là était le plus gros et c'est pas peu dire ! ! ! Je pense que le fait de se sentir imposant physiquement l'aidait mentalement. Il croyait les paroles proportionnelles à son poids… Enfin, le mec le plus faible que je connaisse, il était toujours en train de gueuler sur ses gars et comme un mouton à la maison… là ça filait droit ! ! ! La représentation vivante de tout ce que je déteste…à la fin, le seul fait de penser à lui ou de le voir me donnait des nausées si violentes…ça ne pouvait pas durer…je savais qu'elle serait bientôt là. Et puis hier soir la mort m'a tendu les bras et elle sait que je ne peux lui résister. Il fait nuit noire en ce moment, j'ai fini tard et lui est tellement malheureux chez lui qu'il se soûle dans les cabanons avant d'aller affronter sa femme. Quand il est sorti, il était fin beurré, il a croisé mon regard et j'ai vu la peur l'envahir, il y avait croisé sa mort. Il a voulu courir, il aurait aimé crier. Il n'a pas dû souffrir. Aujourd'hui les flics étaient partout sur le chantier. Ils sont passés je ne sais pas combien de fois devant sa demeure mortuaire. Ils ne trouveront rien comme d'habitude. Demain je m'en vais. Je vais essayer de reconstruire ma vie ailleurs en espérant que c'était mon dernier contrat. Je suis fatigué, à 75 ans j'aimerais passer plus de cinq ans dans la même ville. Marilyne |
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Pourquoi moi ?... |
